Harcèlement de ruelle

Texte Hans Limon. Photographies Julie Peiffer.  Octobre 2017

Petit con, viens chercher la mort entre mes cuisses,
viens goûter la torpeur des moites précipices.
Tu as sifflé bien fort dans cette rue déserte
et sans t'en rendre compte occasionné ta perte !
Je marchais lentement sur le trottoir d'en face.
Tu as changé ta route et poursuivi ma trace.
Voulais-tu m'engloutir ou bien me défoncer ?
Il va m'en pousser une : à toi de la sucer !
Tu pensais sûrement : "elle est brune, elle est bonne...",
mais ce spectre fuyant s'appelait Perséphone !
Obéis-moi, bébé : mets-toi à quatre pattes
et lèche goulûment mes quatre-vingt-dix chattes.
Cette envie de vomir, c'est le rot du Tartare 
qui traverse mon corps et décompose, ignare, 
ton orgueil masculin. Aperçois-tu sa vague 
au loin, dans la caverne où dort l'ombre à la bague, 
ton épouse au chevet de ta fille malade ?
Ton âme est dans mes mains, ton cul dans la panade !
C'est qu'il ne fallait pas me filer jusqu'ici...
Me voulais-tu bien chaude ? À présent me voici
prête à cramer ta verge, à désosser ton crâne 
pour grimper aux rideaux, à bander comme un âne
et féconder ton vice, à déchausser tes dents 
pour m'en faire à loisir des osselets fondants,
jongler sur les hauteurs, jouer à la marelle !
Fais-moi plaisir, pétasse, et caresse mon aile...
Regarde sur le mur ce reflet de moi-même,
ce bicorne allusif, ce débris de "je t'aime"
abritant sous sa griffe un univers de crimes,
un empire privé, un cénacle d'abîmes. 
C'est là que finira ton cadavre épuisé,
le ventre décousu, le cul trois fois brisé.
Tu n'es pas au courant, mais tu vas le savoir :
lubrifie ton humeur, prépare ton bavoir
car je vais t'enculer, au moins jusqu'à ce soir !
Il te faudra dix ans pour espérer t'asseoir !
Oh ! je perds la raison ! Dix ans, c'est bien trop loin !
Mon éphémère amour, tu n'en as pas besoin ! 
Je suis le cauchemar des insultes perdues !
Le jugement dernier des langues bien pendues !
Ne tourne pas de l'œil et ne fais pas ta prude !
Dis-toi comme Damiens : "la journée sera rude !"
Quand tu seras glacé, chéri, tout juste bon
à servir la pitance au foudroyant barbon,
ma voix convoquera les puissances chthoniennes 
qui verront sur ton corps ce que tes torts contiennent,
tes attaques d'antan sur la femme aux abois,
et tu seras violé une seconde fois.

Tu vas bientôt subir ce que subit, cochonne,
celui qui se permet de siffler Perséphone !"
H. Limon 

© Julie Peiffer 

Modèle Sanâa

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