Panic Spaces

Collaboration avec la danseuse-chorégraphe Aurélia Jarry

Dans le jeu Panic Spaces, tout se construit sur la claustration d’une femme et l’absence de tout corps masculin. Il est rare, pour ne pas dire inconnu, qu’une femme enferme un homme durant de longues années. L’inverse se voit de temps à autre comme cela peut arriver à des enfants. Mais une femme peut aussi être enfermée dans ses photographies et disparaître dans une étrange obscurité puisqu’un léger voile, suffit à effacer les traits du visage de celle qui appelle à l’aide sans pouvoir se faire entendre. La photographe, a beaucoup joué sur ces visages angoissés placés comme ici outre une fine pellicule transparente, mieux derrière des linceuls plus opaques, le visage devenant celui d’un cadavre. Julie Peiffer, en écho aux émotions de l’époque, propose une thérapie courte aux angoisses claustrophobiques en commençant par les mettre en scène. Si nous faisons nous-mêmes nos propres malheurs, il peut être utile de commencer par tout recadrer, par exemple au moyen de photographies, afin de comprendre que la solution qui consiste à tournoyer comme une mouche dans une bouteille n’est peut-être pas la solution. On constate que l’image peut aussi porter d’autres injonctions toutes implicites : commencer par s’acheter d’autres combinaisons qui ne soient pas rafistolées, s’habiller, mettre la lumière et enfin s’attaquer au quatrième mur, celui qui au théâtre sépare les spectateurs des acteurs. Si l’enfer ne ment plus, on sort de l’enfer du mensonge que l’on se faisait à soi. On se souvient alors d’un célèbre fait historique : un homme qui venait de mourir arrive dans une salle où se trouvent deux portes. L'une mène au paradis, l'autre en enfer. Devant chaque porte se trouve un gardien qui ne sait dire que oui ou non. L'homme sait qu'un des deux gardiens ment toujours et que l'autre dit toujours la vérité. Mais il ne sait pas lequel ment ni lequel dit la vérité. Il a droit à une seule question. Il demande alors à l’un des deux gardiens, peu importe lequel : « Si je vous avais demandé cinq minutes plus tôt - Vous tenez-vous devant la porte du paradis ? Auriez-vous répondu oui ? ». Vraiment aller au paradis, c’est trop facile. Surtout si le paradis me ment lui aussi.